INTERVIEW D'ISABELLE ADJANI, QUI A DEBUTE SA CARRIERE A REIMS (PAR TONY VERBICARO)

Publié le vendredi 29 juin 2007

Objet SPiP 184


TV : Comment vous êtes-vous sentie à Reims en arrivant la première fois ?

IA : Une vie de théâtre, pour le théâtre, une vie nomade dont Reims fut la première Oasis, une Oasis majestueuse, chaleureuse et accueillante pour une adolescente qui venait de nulle part et de partout à la fois : l'Algérie, l'Allemagne, la Région Parisienne...

TV : Quels sont les mots, les pensées, qui caractérisent vos souvenirs, vos impressions de Reims ?

IA : Avec le temps, les souvenirs transforment la réalité mais je crois qu'en toute humilité je me suis sentie comme une petite princesse aimée et protégée qui a été conduite à Reims pour un début de sacre. Ce que je ne savais pas à l'époque, c'est qu'une couronne c'est très lourd à porter et qu'une fois qu'on l'a sur la tête, il faut s'en montrer digne à chaque instant. C'est à Reims que je suis devenue comédienne de scène et Reims est un des souvenirs qui m'accompagne et sur scène et au cinéma, à fortiori quand je suis une Reine de France, Marie Stuart ou la Reine Margot...

TV : Racontez-nous vos jours rémois, du temps du lycée et du théâtre de Reims avec Robert Hossein...

IA : Robert Hossein c'est à la fois un ange gardien, un démiurge et un démon. Il m'a fait brûler les planches en m'insufflant son feu sacré qui avait trouvé son temple à Reims. Son énergie, sa volonté, sa folie russe qui lui ont permis de faire confiance à son instinct pour engager une gamine sans formation. Je continuais le lycée là-bas, pour « apprendre », moins par peur des revers de la vie de saltimbanque que par souci de s'enrichir sans cesse. Reims une belle école pour moi : l'école du théâtre, l'école au lycée et l'école de la vie.


TV : Depuis quelques années, avec Christian Schiaretti puis Emmanuel Demarcy-Mota, la Comédie de Reims, Centre dramatique national, fait de nouveau parler d'elle au niveau national... On a l'impression que ce n'était plus arrivé depuis Robert Hossein. Est-ce un phénomène que vous connaissez ? Suivez-vous, depuis que vous avez quitté Reims l'évolution de sa scène théâtrale ?

IA : Nous avons une chance extraordinaire en France, celle d'une politique culturelle qui n'a pas réduit la scène nationale aux seules scènes parisiennes et celle aussi d'avoir des femmes et des hommes comme Christian Schiaretti, Emmanuel Demarcy-Mota qui continuent à animer cette politique sans jamais baisser les bras. Reims est un excellent exemple de ce nouveau souffle qui a gagné Paris avec la récente nomination d'Olivier Py à la direction de l'Odéon. Ce qui se passe en région inspire la capitale, c'est peut-être cela la décentralisation...

TV : Quelles sont vos impressions sur Reims aujourd'hui : arrivée du TGV dans quelques semaines, nouvel essor économique, créations d'emplois, tramway en cours de réalisation, travaux d'embellissement du centre-ville (parvis de la cathédrale, rues
piétonnes...) scènes culturelles importantes (Comédie, Cartonnerie pour la musique, Rencontres de Télévision, Festival Méli'môme jeune public, Grand Théâtre de Reims, Manège et Cirque...) ?

IA : Vous savez, il y a très longtemps que je ne suis pas revenue à Reims y boire un peu de champagne mais cet entretien et les souvenirs qui reviennent me donnent envie de venir redécouvrir la ville du XXIè siècle. Peut-être que je serai une des prochaines passagères du nouveau TGV, mais quand je descendrai sur le quai, je ne porterai pas de couronne, pas de robe de soirée, une simple paire de lunettes noires pour retrouver incognito la poésie d'une ville où dans un certain sens j'ai vécu une autre naissance.

Crédit photo : Sylvie LANCRENON / H&K - Interview : Tony VERBICARO

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